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Pied de chou kale frisé aux feuilles vert bleuté dressées, cultivé en bac sur un balcon

Kale, Milan, Bruxelles : quarante litres par pied et rien de moins

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Un chou kale planté dans un pot de quinze litres donne quatre feuilles à la fois et s’arrête de produire en décembre. Le même plant, dans un bac de quarante litres, se récolte feuille à feuille jusqu’en mars et pèse trois fois plus au total. La différence ne tient ni au terreau ni à l’engrais : elle tient au volume.

C’est le seul chiffre que je retiens de six saisons de choux sur balcon. Quarante litres par pied, avec une profondeur minimale de trente centimètres, et le reste de l’itinéraire devient facile. En dessous, tout devient compliqué : le bac sèche en une demi-journée, la plante monte à graine, et le moindre coup de vent couche le pied.

Les trois espèces retenues ici couvrent l’hiver entier sans se ressembler. Le kale se coupe à la feuille, le chou de Milan se récolte en une fois, le chou de Bruxelles produit sur toute la hauteur de sa tige pendant deux mois. Elles n’ont ni la même date de plantation, ni les mêmes besoins de tuteurage.

Trois choux, trois volumes : le tableau de départ

Espèce Volume par pied Profondeur utile Plantation Récolte
Chou kale frisé 40 L 30 cm juillet à mi-septembre octobre à mars, feuille à feuille
Chou de Milan 40 L 30 cm juin à début août novembre à février, en une fois
Chou de Bruxelles 50 L 35 cm mai à juin novembre à février, de bas en haut
Chou palmier 40 L 30 cm juillet à août octobre à mars, feuille à feuille

Les dates de plantation sont celles des plants, pas des semis. Un semis se fait deux mois plus tôt, ce qui place les semis de chou de Bruxelles en mars et ceux de kale en mai ou juin. Fin septembre, seul le kale accepte encore un plant, et uniquement en région douce.

La profondeur utile n’est pas la hauteur annoncée du bac. Retirez la couche de drainage si vous en posez une, les trois centimètres perdus par tassement, et les deux centimètres libres en haut pour arroser. Un bac de quarante centimètres offre en pratique une trentaine de centimètres exploitables, ce qui est exactement le minimum.

Cultiver des choux en pot : le volume décide de la récolte

Un chou est une plante à port large et à système racinaire dense, qui explore facilement quarante centimètres en tous sens. En pleine terre, il compense un sol médiocre par l’étendue. En bac, il n’a que ce qu’on lui donne, et la contrainte devient immédiatement visible sur la taille des feuilles.

Le rapport que j’ai relevé sur trois saisons est net. À quinze litres, un kale produit environ un tiers de ce qu’il produit à quarante litres, pour une consommation d’eau à peine inférieure et deux fois plus d’arrosages. À soixante-dix litres, le gain par rapport à quarante est réel mais modeste, de l’ordre de quinze pour cent. Le point d’équilibre est donc bien situé autour de quarante litres.

Le corollaire pratique : mieux vaut trois choux dans trois bacs de quarante litres que six choux dans les mêmes trois bacs. Le partage du volume entre deux pieds ne divise pas la récolte par deux, il la divise par trois, parce que les deux plantes se concurrencent aussi pour la lumière et se gênent au niveau du feuillage.

Planter fin septembre : ce qui est encore possible, ce qui ne l’est plus

La fin septembre ferme définitivement la porte au chou de Bruxelles et au chou de Milan. Le premier a besoin d’une saison de végétation complète pour construire sa tige avant de former ses pommes ; le second a besoin de constituer sa masse foliaire avant que la lumière ne baisse. Planter maintenant l’un ou l’autre revient à obtenir une plante décorative et rien d’autre.

Le kale et le chou palmier acceptent encore un plant bien développé, à deux conditions. Le plant doit avoir au moins six vraies feuilles et un système racinaire qui tient la motte, et la région doit offrir encore six à huit semaines de croissance avant les gelées installées. Sur la façade atlantique et dans le Midi, cela fonctionne ; dans l’Est et le Nord, c’est trop tard.

Si la fenêtre est passée, la meilleure décision consiste à noter les dates pour l’an prochain plutôt qu’à planter quand même. Les choux sont l’une des rares cultures où le retard ne se rattrape pas : ils ne poussent pratiquement plus en dessous de huit degrés de moyenne, et aucun voile ni aucun engrais ne compense trois semaines perdues.

Plants du commerce ou semis maison, à cette date

À cette période, seul le plant se justifie. Un semis de kale en octobre lève, passe l’hiver au stade de quatre feuilles, et repart en mars pour monter à graine en avril : on récolte des fleurs, pas des feuilles.

Un bon plant se reconnaît à trois signes. La tige entre le collet et les premières feuilles est courte et trapue, pas filée. Les racines apparaissent au fond de la motte sans former de chignon serré. Et le feuillage est d’un vert franc, sans reflets violacés qui trahissent un plant carencé ou resté trop longtemps en godet.

Écartez systématiquement les plants dont le collet présente un renflement ou dont les racines montrent des excroissances irrégulières. Ce type de déformation racinaire se transporte avec le plant et s’installe durablement dans un substrat, qu’il faut alors renouveler entièrement. Le contrôle prend dix secondes en déboîtant la motte, et il évite une saison perdue.

Le substrat : lourd plutôt que léger, et pourquoi

Un terreau horticole standard, très tourbeux, est trop léger pour un chou. Il retient mal l’eau en fin de course, il s’affaisse, et surtout il n’offre aucun ancrage à une plante qui prend du vent sur un mètre de hauteur.

Le mélange qui fonctionne comporte deux tiers de terreau de rempotage, un quart de compost mûr tamisé, et une part de terre de jardin ou de terre végétale, qui apporte la fraction argileuse. Cette dernière est le point qui change tout : elle donne du poids, elle tamponne les à-coups d’arrosage, et elle retient les éléments nutritifs au lieu de les laisser filer au drainage.

Le drainage reste obligatoire malgré ce mélange plus lourd. Trois à cinq trous de calibre correct en fond de bac, des cales sous le contenant, et l’on évite la nappe permanente qui asphyxie les racines. Le choix du contenant lui-même compte autant que son remplissage, et les critères d’un bac adapté aux plantes d’extérieur valent doublement pour une culture qui reste en place six mois.

Le calcium, le bore, et les erreurs de fertilisation

Les choux sont gourmands, mais l’excès d’azote est le piège classique. Un chou surdosé en azote fabrique des feuilles tendres, gorgées d’eau, très attractives pour les pucerons, et il pomme mal. Un chou de Milan qui reste ouvert en janvier a presque toujours reçu trop d’azote en octobre.

Deux éléments méritent plus d’attention que l’azote. Le calcium d’abord : un substrat acide bloque son assimilation et se traduit par des nécroses sur le bord des jeunes feuilles. Une poignée de cendre tamisée par bac, ou un amendement calcaire léger à la plantation, suffit dans la plupart des cas. Le bore ensuite, dont la carence provoque des tiges creuses et brunies au cœur ; un compost mûr et varié le fournit sans qu’on ait à y penser.

Le calendrier de fertilisation tient en deux lignes. Compost incorporé au substrat à la plantation, puis un apport liquide riche en potasse toutes les trois semaines de septembre à fin octobre, et plus rien après. Un chou nourri en décembre ne consomme pas et le surplus part au drainage.

Planter profond et plomber : le geste qui évite le tuteur

Un chou se plante plus profond qu’il n’était en godet, jusqu’aux premières vraies feuilles. La tige enterrée émet des racines adventives, et cet enracinement supplémentaire est ce qui distingue un pied stable d’un pied qui verse au premier coup de vent.

  1. Remplissez le bac à ras, arrosez copieusement, laissez tasser quarante-huit heures, complétez.
  2. Creusez un trou plus profond que la motte de cinq à sept centimètres.
  3. Posez la motte, comblez jusqu’aux premières feuilles, tassez fermement du poing autour du collet.
  4. Plombez avec deux litres d’eau versés lentement, en une seule fois.
  5. Attendez que l’eau soit absorbée, puis complétez le substrat sans tasser à nouveau.
  6. Paillez sur trois centimètres en laissant le collet dégagé.
  7. Posez le voile anti-insectes le jour même.

Le tassement ferme autour du collet est le geste que l’on hésite à faire, par crainte d’abîmer les racines. C’est pourtant lui qui assure le contact entre la motte et le substrat, sans lequel la plante reste au ralenti pendant deux semaines. Un chou correctement plombé se reconnaît à ce qu’il ne bouge pas quand on tire doucement sur une feuille.

Le chou de Bruxelles, seul à réclamer un tuteur

Tige de chou de Bruxelles couverte de petites pommes serrées, feuilles basses retirées

Kale et chou de Milan gardent un centre de gravité bas et tiennent sans aide dans un bac correctement rempli. Le chou de Bruxelles est un autre sujet : il monte à quatre-vingts centimètres, porte toute sa production sur la tige, et devient franchement instable dès que les pommes se forment.

Le tuteur se pose à la plantation, pas en novembre quand la plante penche déjà. Un tuteur de bambou d’un mètre vingt, enfoncé à vingt-cinq centimètres contre la motte, et deux liens souples en huit, l’un à trente centimètres, l’autre à soixante. Poser un tuteur tardivement oblige à traverser le système racinaire, ce qui coûte plus que le service rendu.

Une pratique qui divise, et sur laquelle j’ai tranché : l’étêtage. Couper la tête du chou de Bruxelles en octobre concentre la plante sur les pommes déjà formées et les fait grossir plus vite, mais raccourcit la récolte d’un bon mois. En bac, où l’on récolte de novembre à février, l’étêtage n’a aucun intérêt. Laissez la tête, elle se mange d’ailleurs comme un petit chou vert.

Chenilles, altises, mouche du chou : le voile et ses limites

Chenille verte de piéride posée sur une feuille de chou percée de larges trous
Kolforn (Kolforn)I’d appreciate if you could mail me ([email protected]) if you want to us / BY-SA 4.0

Trois ravageurs suffisent à expliquer la quasi-totalité des échecs. Les chenilles de piéride dévorent le limbe en quelques jours et laissent des nervures nues. Les altises criblent les jeunes feuilles de trous ronds, ce qui bloque la croissance des plants de moins de six feuilles. La mouche du chou pond au collet et ses larves attaquent les racines, sans signe visible avant l’effondrement du pied.

Le voile anti-insectes règle les trois, à une condition absolue : il doit être posé le jour de la plantation. Posé une semaine plus tard, il enferme les pontes déjà déposées et aggrave la situation. Choisissez une maille fine, tendez-le sur des arceaux à quinze centimètres au-dessus du feuillage, et enterrez les bords sur tout le pourtour du bac.

Le voile a deux limites qu’il faut connaître. Il se retire à mesure que la plante grandit, et le chou de Bruxelles finit toujours par le soulever : à partir de là, l’inspection manuelle du revers des feuilles, tous les trois ou quatre jours en septembre, remplace la protection. Et il fait monter la température de plusieurs degrés sous la toile, ce qui impose de le soulever lors des journées chaudes de fin septembre.

Arroser un bac de choux d’octobre à février

Un chou en bac consomme beaucoup en septembre et presque rien en janvier, et c’est en hiver que se produisent la plupart des noyades. Sur mon balcon exposé à l’ouest, un bac de quarante litres consomme deux litres par jour fin septembre, un litre en octobre, moins d’un demi-litre en novembre, et pratiquement rien de décembre à février hors période de vent sec.

La règle qui remplace le calendrier consiste à enfoncer un doigt sur trois centimètres. Si le substrat est frais à cette profondeur, on n’arrose pas, quelle que soit la saison. Le paillage de trois centimètres divise la fréquence par deux et limite l’alternance sec-humide qui fait éclater les côtes du chou de Milan.

Un point spécifique à l’hiver : n’arrosez jamais un bac gelé, et attendez le dégel complet. L’eau apportée sur une motte prise en glace stagne en surface, gèle à son tour, et forme une croûte étanche. C’est un des travers qu’on retrouve dans la plupart des potagers de balcon conduits en hiver, où le réflexe d’arroser survit à la fin des besoins de la plante.

Le froid améliore le goût, le vent casse les pieds

Les choux d’hiver supportent des gelées sévères sans dommage, et le froid améliore réellement leur qualité gustative : une partie de l’amidon se convertit, et l’amertume recule nettement après le premier vrai gel. Un kale récolté en novembre avant toute gelée est plus coriace et plus amer que le même kale récolté fin décembre.

Le danger n’est donc pas le froid mais deux autres facteurs. Le premier est le gel de la motte : dans un bac, le froid attaque par les parois, et une motte prise en bloc pendant plusieurs jours abîme les racines. Emballez le bac, pas la plante, dans un manteau de feuilles sèches maintenu par un voile d’hivernage, dès qu’un épisode sous moins cinq degrés est annoncé.

Le second est le vent. Un chou porte une grande surface foliaire sur une tige unique, et un balcon en étage subit des rafales que le jardin ne connaît pas. Placez les bacs contre une paroi plutôt qu’en bordure de garde-corps, groupez-les pour qu’ils se protègent mutuellement, et acceptez de perdre en ensoleillement ce que vous gagnez en stabilité.

Récolter en trois temps : feuille, pomme, rejet

Le kale et le chou palmier se récoltent feuille à feuille, du bas vers le haut, en prélevant trois à cinq feuilles par pied et par semaine. On ne touche jamais au bourgeon terminal, qui est l’usine à feuilles, et on laisse au moins huit feuilles en place. La plante se retrouve avec une tige nue et un plumeau au sommet, ce qui est normal et n’a aucune conséquence.

Le chou de Milan se récolte en une fois, quand la pomme est ferme sous la pression du pouce. Coupez au couteau à deux centimètres sous la pomme et laissez le trognon en place : il produit souvent, au printemps, trois ou quatre petites repousses tout à fait comestibles.

Le chou de Bruxelles se cueille de bas en haut, au fur et à mesure que les pommes atteignent la taille d’une noix, en les détachant d’un mouvement latéral. Retirez au passage les feuilles jaunies de la base, qui abritent les pucerons pendant l’hiver. Sur ces trois cultures, le meilleur mode de conservation reste le pied lui-même : le bac est le garde-manger, et l’on récolte le jour où l’on cuisine, comme dans tout petit espace cultivé en légumes.

Questions fréquentes

Peut-on planter deux choux dans un bac de quatre-vingts litres ?

Oui sur le papier, non en pratique si le bac est étroit. Deux pieds ont besoin de soixante centimètres d’écartement pour ne pas se gêner au niveau du feuillage. Un bac de quatre-vingts litres long d’un mètre convient ; un bac de la même contenance mais carré et profond donne deux plantes qui se concurrencent.

Mon kale a des feuilles violacées, est-ce grave ?

Cela traduit le plus souvent un blocage du phosphore, fréquent quand le substrat est froid et détrempé, et cela disparaît souvent seul au printemps. Vérifiez d’abord le drainage, puis l’excès d’eau. Si la coloration apparaît en septembre sur un plant récent, c’est plutôt le signe d’un plant resté trop longtemps en godet.

Faut-il retirer le voile en hiver ?

Oui, à partir du moment où les insectes ne volent plus, généralement courant novembre. Le voile maintenu tout l’hiver retient l’humidité contre le feuillage et favorise les maladies foliaires, sans plus rien protéger. Il se range et ressort en mars, quand les premières altises réapparaissent.

Le substrat est-il réutilisable après une culture de choux ?

Pas pour un autre chou, ni pour un radis ou un navet, qui partagent les mêmes maladies et ravageurs du sol. Il convient parfaitement à une culture de haricots, de courges ou de salades après avoir été décompacté et complété d’un quart de compost frais. Réserver ce bac aux choux tous les trois ans est la règle simple à appliquer.

Combien de pieds prévoir pour deux personnes ?

Deux kale et un chou palmier couvrent une récolte hebdomadaire de feuilles d’octobre à mars, soit environ trois cents grammes par semaine. Ajoutez deux choux de Milan pour les mois de janvier et février, et trois choux de Bruxelles si vous en consommez régulièrement. Au-delà, la place manque avant que l’appétit ne manque.

Ces trois choux n’ont qu’une exigence commune, et elle se règle le jour de la plantation : de la place sous le pied. Un bac de quarante litres, un substrat qui contient un peu de terre, un plant enterré jusqu’aux premières feuilles, et l’hiver se charge du reste.

Category: Potagers en Ville
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